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Je vais bien… ou l’importance de dire quand on est à bout

Je vais bien… ou l’importance de dire quand on est à bout

Il y a des jours où « je vais bien » sort presque automatiquement. Parce que c’est plus simple. Parce qu’on n’a pas envie d’expliquer. Parce qu’on a pris l’habitude de continuer. Jusqu’au moment où dire « je suis fatiguée » devient peut-être justement ce qui nous empêche de sombrer.

Il y a quelque temps, j’ai publié un Reel avec une photo de moi en noir et blanc et la chanson « Je vais bien » de Joe Surcouf.

Une photo. Une chanson. Quelques mots.

Et pourtant, ce post a beaucoup plus résonné que je ne l’imaginais.

Peut-être parce que derrière ce simple « je vais bien », nous sommes nombreux à reconnaître quelque chose.

Cette réponse que l’on donne presque machinalement lorsque quelqu’un nous demande comment ça va.

— Ça va ?
— Oui, oui, je vais bien.

Et on continue.

Quand « je vais bien » devient un automatisme

On peut être fatigué et continuer.

Se lever, faire ce qu’il y a à faire, répondre aux messages, sourire, s’occuper du quotidien, plaisanter même…

De l’extérieur, tout semble aller normalement.

Et quelquefois, on finit même par se convaincre que puisque l’on continue à fonctionner, c’est que ça va.

Sauf que non.

Parfois, on est simplement en train de tenir.

Et je crois qu’il y a une vraie différence entre aller bien et réussir à tenir.

J’ai longtemps pensé qu’il fallait attendre d’avoir une « vraie raison » pour dire que ça n’allait pas.

Comme s’il fallait atteindre un certain niveau d’épuisement pour avoir le droit de dire :

« Là, je suis fatiguée. »

« Là, c’est trop. »

« Là, je suis à bout. »

Alors qu’en réalité, c’est peut-être justement avant d’atteindre cette limite qu’il faudrait réussir à prononcer ces mots.

Dire qu’on est à bout, ce n’est pas forcément s’effondrer

C’est probablement ce que j’avais envie de dire à travers ce Reel.

Dire « je n’en peux plus » ne signifie pas nécessairement que l’on abandonne.

Cela peut simplement vouloir dire :

Je reconnais que, là, j’ai atteint ma limite.

Et parfois, mettre ces quelques mots sur ce que l’on ressent permet déjà de relâcher quelque chose.

On n’a pas forcément besoin d’une solution immédiate.

On n’a pas toujours besoin qu’on nous explique quoi faire.

Parfois, on a juste besoin de ne plus faire semblant pendant quelques minutes.

De pouvoir dire :

« Non. Aujourd’hui, je ne vais pas très bien. »

Et que ce soit suffisant.

Pourquoi faut-il toujours aller bien ?

Je me pose aussi cette question.

Nous parlons beaucoup de positivité, de résilience, de capacité à rebondir, de gratitude…

Et j’aime profondément chercher le positif dans ma vie.

Mais avoir une attitude positive ne signifie pas nier ce qui est difficile.

On peut aimer la vie et être épuisé(e) par elle certains jours.

On peut être reconnaissant(e) pour ce que l’on a et avoir besoin de souffler.

On peut rire le matin et avoir envie de pleurer le soir.

Les deux peuvent exister en même temps.

Finalement, accepter cela me semble beaucoup plus doux que de s’imposer en permanence d’aller bien.

Peut-être que ne pas sombrer commence simplement par parler

Je ne prétends évidemment pas qu’une phrase règle tout.

Mais je crois de plus en plus à l’importance de dire les choses avant qu’elles deviennent trop lourdes à porter.

À quelqu’un en qui on a confiance.

À un proche.

Ou simplement à soi-même pour commencer.

Reconnaître sa fatigue.

Reconnaître que quelque chose nous pèse.

Reconnaître que, pour une fois, on n’a pas envie d’être celle qui gère tout.

Parce qu’il y a peut-être quelque chose de profondément protecteur dans le fait de pouvoir dire :

« Aujourd’hui, je suis à bout. Et j’ai besoin de souffler. »

Sans culpabilité.

Sans justification.

Sans ajouter immédiatement : « Mais ça va aller, hein ! »

Juste accepter ce qui est là.

Alors… je vais bien ?

Aujourd’hui, j’ai surtout envie de répondre :

Ça dépend des jours.

Et finalement, c’est peut-être la réponse la plus sincère.

Il y aura des jours où je vais réellement bien.

D’autres où je serai fatiguée.

Des jours où j’aurai envie de créer, de lire, de rire, de faire mille choses.

Et d’autres où j’aurai simplement besoin de ralentir.

C’est aussi ça, la vraie vie.

Et si le message de ce Reel a autant parlé à certaines personnes, c’est peut-être parce que nous avons parfois simplement besoin que quelqu’un nous rappelle une chose :

Tu as le droit de dire que tu es fatigué(e) avant d’être complètement épuisé(e).

Et tu as le droit de dire que ça ne va pas, même lorsque, extérieurement, tout semble aller bien.

Alors aujourd’hui, je te retourne la question.

Comment vas-tu, vraiment ?

Créer, ressentir, évoluer… à mon rythme.
Tigrid ✨


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